Jeudi 20 septembre 2007 4 20 /09 /2007 12:58

Pour situer le niveau de vie indien rien de tel qu’un aperçu du coût de l’immobilier réservé à la classe moyenne émergeante.

Comme l’indique ce panneau publicitaire, pour une charmante villa dans un lotissement en grande banlieue de Bombay, il en coûte 99 RPS le square feet, soit en arrondissant par excès 1 100 RPS du m². Avec un euro à 55 roupies on obtient tout rond 20 € au m². Et oui, ça situe le 100 m² clef en main et paysagé à 2 000 €. En prime, le promoteur offre l’autel pour recevoir son petit Ganesh.

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L’offre, mirobolante pour nos repères occidentaux, n’aura pas raison de notre âme vagabonde, mais immanquablement nous pousse à méditer sur la crédibilité du coût de la vie en Europe.

Bref, poursuivons notre odyssée, ensorcelés par de nouveau chants de sirènes, en l’occurrence ceux de Guhagar, petit village de pêcheurs.

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D’autant qu’ici on célèbre Ganesh dans la plus pure tradition.

L’arrivée sur la plage de la procession bigarrée marque le début du cérémonial.

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Mais tout d’abord, replongeons-nous un instant dans la mythologie hindoue pour mieux cerner le déroulement du rituel.

De retour, après de longues années d’absence, Shiva surpris son épouse Parvati en compagnie d’un jeune homme. Sans penser qu’il pouvait s’agir de son fils devenu adulte, il lui tranche la tête qui en tombant disparaît. Pour calmer le courroux de sa femme, il décide de lui greffer la tête du premier être qu’il trouverait. Le hasard voulu que ce soit un éléphant ! Le malheureux hybride est aussitôt promu en consolation dieu de la chance. Titre qui lui vaudra de devenir l’idole hindoue la plus affectionnée.

Premier acte : les incantations

Offrandes et prières, pour invoquer chance et réussite pour sa famille et ses proches.

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Deuxième acte : l’immersion

L’idole doit retourner dans l’un des trois éléments divins que sont l’atmosphère, les arbres ou l’eau. Bord de mer oblige, la statue de plâtre est immergée au plus loin qu’il soit possible de résister aux vagues.

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Entracte : la collation

Après la baignade, on reprend des forces autour d’une excellente salade de fruits communautaire.

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Troisième acte : on ne sait jamais

Ne pas oublier d’honorer l’idole sous son aspect initial. La tête lui a été néanmoins retirée avant l’immersion.

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Epilogue :

La soirée se termine en toute convivialité dans une paillote.

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Le calme retrouvé, bivouac et petit déjeuner seront des plus agréables.

Pour mieux situer l’environnement familial de l’ami Ganesh, dressons l’arbre généalogique succinct du panthéon originel Hindou.

Chaque divinité joue un rôle précis qu’il est possible d’interpréter au regard de ses attributs et de sa monture.

Pour ce que nous en avons compris, car de nombreuses controverses alimentent les diverses explications lues ou glanée çà et là.

Tout émane de la trinité symbolisant le cycle des réincarnations:

  • le créateur Brahma ; attributs : le lotus, le spectre, le Véda (livre saint védique), le rosaire ; monture : le cygne,
  • le protecteur Vishnou ; attributs : la roue du temps, la conque marine, la massue ; monture : un aigle à tête d’homme,
  • le destructeur Shiva qui anéanti le monde en l’engloutissant par son troisième œil ; attributs : un chignon, la peau de tigre, le trident, le cobra, le pot à eau, le lingam ; monture : le taureau.


Puis, entrent en scène les déesses. Commençons par Parvati épouse de Shiva, seule déesse à qui le statut de déesse de la procréation autorise une descendance :

  • Skandra ou Murugan dieux de la guerre, reconnaissable à ses six têtes et ses bras bardés de lances et de tridents,
  • Laksmi déesse de la prospérité et épouse de Vishnou, de ses mains jaillissent des pièces d’or,
  • Saraswati déesse de la connaissance et des arts et épouse de Brahma, toujours représentée avec son veena (instrument à corde),
  • Ganesh dieux de la chance et du spectacle que l’on ne présente plus.

Maintenant, il s’agit de considérer les réincarnations successives de tout ce petit monde qui viennent compléter le spectre divin, comme Durga déesse de l’ordre et Kali celle de la mort, toutes deux avatars de Parvati.

Focalisons-nous enfin plus particulièrement sur les innombrables réincarnations de Vishnou dont les plus notables :

  • Rama également héros du Ramayana, célèbre épopée où il arrache des mains du démon Ravana, alors roi de l’actuel Sri Lanka, sa dulcinée Sita, grâce à l’armée de singes d’Hanuman,
  • Krishna dieu de l’amour, Casanova notoire reconnaissable à sa flute séductrice,
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A notre plus grande surprise Bouddha et Issa (vous l’aurez reconnu) serait aussi des avatars, hérétiques sans doute, de Vishnou.

A tout cela, s’ajoute, une myriade de Shaktis qui représentent l’énergie d’un ou plusieurs dieux ou déesses ou de leurs avatars.

Pour corser l’affaire, une même idole porte un patronyme différent dans les quinze langues officielles voire dans les quatre mille dialectes recensés d’Inde.

Entre 1500 et 300 ans avant JC, de la fusion des rites védiques, des nomades du Caucase, les aryens, et ceux dravidiens, des descendants locaux, naquit l’hindouisme. De la trentaine de divinités originelles, l’hindouisme contemporain en récence plus de 30 millions. A peine de quoi étancher la frénésie polythéiste des quelques 700 millions d’ouailles.

Dieu(x) pour tous

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