Juste avant de quitter Udaipur nous faisons la connaissance d’un couple de voyageurs allemands, Ana-Laura et Hubert, en vadrouille depuis trois ans sur les routes de l’ex URSS, Mongolie, Chine, Népal et aujourd’hui d’Inde.
Rendez-vous est pris sur les plages de la cote ouest.
Après ces longs mois à caracoler de sommet en sommet et à gambader dans les déserts, il nous tarde de nous trémousser sur le rivage de la mer d’Arabie.
Visons au plus court, le temps de couper le tropique du cancer à auteur d’Ahmenabad et nous voilà à Surat.
Première surprise pour les franciliens que nous sommes.
Deuxième surprise ou plutôt déception, devant le poignant spectacle de la soi-disant « plage » de Dumas.
Nous poussons alors jusqu’à Chikhli pour répondre à une invitation lancée dans les dunes de Khuri.
Malgré une arrivée à l’improviste, Jayantibhai notable du bourg, nous réserve le meilleur accueil dans sa villa bourgeoise.
Heureux hasard du calendrier, durant deux jours, on fête Krishna et notre hôte propose une escapade dans l’arrière-pays.
L’Inde jouit d’un régime férié sans précédent, avantage d’une religion polythéiste.
De la visite de la bâtisse cossue, nous retiendrons l’armoire à épices, la balancelle dans le salon, et la chambre des dieux.
Nous n’oublierons pas non plus la gentillesse de Mithun professeur particulier d’anglais et les talents de Samsara la cuisinière.
Homme d’affaire et philanthrope, Jayantibhai nous conduit d’abord à l’orphelinat de Prakruti dont il assure conjointement le mécénat.
Quel enthousiasme à l’arrivée du bienfaiteur et de ses invités !
Tout en nous préparant expressément un copieux déjeuner, les jeunes filles nous assaillent de questions. Ce jour de fête est aussi un jour de jeun hindou.
Moments simples et spontanés, baignés d’un quotidien de coutumes :
Philanthrope et amoureux des richesses de sa région, notre guide nous mène jusqu’à la source d’eau chaude de Vansada.
Source de vie devrait-on dire, le modeste geyser tenant plus du phénomène social que d’un centre thermal.
Puis direction Ahwa où réside un ami journaliste tout aussi épris à promouvoir attraits et traditions du Gujarat.
Notre quatuor, se lance alors dans les contreforts des Galnas, à la limite du Maharashtra.
Paysages champêtres, sauvages et luxuriants où les paysans vivent au rythme de la Mousson.
Dans leurs refuges rudimentaires en bambous et canisses, l’âtre fume, la meule crisse et la pluie bat la tôle ondulée au risque de réveiller le dernier-né.
Il faudra attendre une accalmie pour retourner aux champs et nous, reprendre la route.
Le déluge fait en revanche le bonheur des cascades en redoublant leur attrait.
Un dernier crochet au collège du district pour assister au « Teacher's day ». Une fête peut en cacher une autre.
La représentation théâtrale s’achève sur l’hymne indien, puis les sœurs de la congrégation catholique de Védruna (en sari), responsables de l’administration nous présentent l’établissement.
Elèves et enseignants sont pour la plupart hindous, uniforme de rigueur comme dans tout système scolaire indien, classes mixtes de près de soixante élèves et discipline monacale acceptée et respectée.
Jai shree Krishna and teachers