Pourquoi ne pas tenter la route carrossable la plus haute au monde ?
Sur une centaine de kilomètres, elle se fraye un chemin entre Leh (3 500 m) et la vallée de la Nanbra en enjambant la chaîne du Ladakh par le col de Khardung (5 600 m).
Entre Leh et la passe, à peine quarante kilomètres, en somme un marathon dans une pente à 5%.
Avec un tel dénivelé, plusieurs paliers s’avèrent indispensables pour éviter le mal d’altitude, même si le dernier tiers de l’ascension se déroule au pas tant la piste souffre le martyre.
Quel spectacle, quelle sensation, nous y sommes, nous l’avons fait !
Ce bref moment flottera dans nos esprits comme ces drapeaux à prières d’où s’échappent à l’infini les pensées calligraphiées.
Puis vient la récompense de la descente qui débouche sur le large lit sablonneux de la Shyok.
Si vaste, si sablonneux, que sans l’indice de ces quelques chortens (sorte d’ossuaire), on pourrait s’imaginer au cœur des dunes du sud Maghreb.
Peu de temps après la patte d’oie de Khalsar, les villages de Diskit et Panamik marquent la fin de la zone autorisée sur chacune des branches.
Au-delà, débute un mur infranchissable, la bande disputée, exclusivement militarisée.
Sur le chemin des monastères et chortens sont érigés d’autres murs plus tangibles, les murs à prières ou mur Mani, constitués d’un empilement de pierres gravées de l’inscription de la prière universelle.
Censés rapprocher, lorsqu’on les contourne par la gauche, d’une zone tout aussi inaccessible, le Nirvana.
De retour sur Leh, nous nous astreignons à une pause d’une journée au poste de filtrage de Khardung à 4 800 m.
Avec, son enceinte, ses deux canons (factices), sa barrière et ses gardes, il constitue à n’en pas douter notre bivouac le plus sécurisé.
Accessoirement, jolis paysages et plats délicieusement cuisinés à base d’une sauce au lait de yak,
en filigrane, une nuit à niveau avec le plus célèbre sommet de l’hexagone, et concrètement, le délai d’acclimatation requis pour notre prochaine soirée.
Mystère, mystère