Pas question de toucher un volant aujourd’hui. Pour nous déplacer nous empruntons les moyens locaux.
Au choix, le bus, formellement déconseillé aux agoraphobes ou la traction animale pour les inconditionnels de l’écologie.
Mais le plus commode d’entre eux reste le « rickschaw », indescriptible tricycle à l’image de la personnalité de son chauffeur.
Ville étape sans intérêt touristique, Quetta nous dévoile néanmoins nos premières scènes de vie urbaine pakistanaise :
Hormis ces boutiques et étals faites de brique et de broc, deux grands bazars à ciel ouvert complètent l’activité commerciale de la cité baloutche.
Bazars où rien ne se crée, rien ne se perd tout se transforme (comme disait Lavoisier).
Par la force des choses, chaque artisan s’évertue à réparer l’irréparable d’un rien et d’un zeste d’ingéniosité. En revanche, la fiabilité de l’ouvrage demeure toute relative.
Bazars où également armes de guerre et munitions s’achètent aussi simplement qu’un kilo de mangue.
L’insalubrité régnante et le mode de vie confirment le classement du Pakistan dans la tranche des pays à faible développement humain, bien qu’il s’agisse d’une puissance nucléaire.
Vérité que nos estomacs atomisés authentifient dès le deuxième repas. Nous voilà bon pour une journée de diète allongés sur les pelouses de l’hôtel.
L’occasion de faire connaissance d’un insatiable (touristiquement parlant) couple de catalan, Josep, Joana et leur fils Nil. Le trio rejoint Singapour par la route (Cf lien Capalasia).
Aujourd’hui Cap au sud ouest, en direction de la Bolan Pass.
Antique voie caravanière, les colons britanniques y firent construire, durant le XIX siècle, route et voie ferrée pour acheminer plus rapidement, sur l’Afghanistan, leurs troupes basées en Indes.
Ainsi, chaque ouvrage d’art de l’axe stratégique se pare de fortifications désuètes.
De nos jours, même si la motrice diésel achemine son lot quotidien de passagers, les chameliers empruntent encore le lit asséché de la « Bolan ».
Le Pakistan conserve deux travers majeures de son passé colonial :
Dans notre cas, le chauffeur, lui-même à gauche, doit vouer une confiance aveugle au passager lors des déboîtements et dieu sait s’il y en a des trucs et des machins à doubler.
Même lorsque par bonheur la route repasse à deux voies, ces gargantuesques chargements obstruent, à eux seuls, la presque totalité de la chaussée.
S’il est indispensable de se conformer aux règles de circulation et d’en accepter les us, en revanche, le thé au lait ne semble pas présenter de caractère impérieux.
Et bien si, à cause des ces maudites escortes de districts, zones d’une trentaine de Km2 avec lesquelles nous partageons, à chaque relais, le « milk the » de la fraternité !
Remarquez au passage les impactes de la rafale qui, la veille, a strié le pare-brise du pickup des gendarmes. C’est chaud bouillant le Baloutchistan !
Pour autant, il ne s’agit pas de se barricader et de se contenter de la vision étriquée d’une meurtrière. Ce serait passer à coté de tant de choses :
Les voyages,
forme de tolérance et d’acceptation