Une longue journée de route nous attend pour rejoindre Kerman néanmoins paysages et rencontres ponctuent agréablement le parcours.
A l’arrivée, rien de tel qu’un brin de farniente dans le hamac pour nous requinquer.
La visite de la ville attendra bien demain.
Kerman est loin d’être inintéressante avec entre autre :
Et puis dans les hauteurs allez admirer le superbe coucher de soleil.
Nous trouverons à nous loger dans l’enceinte d’un bel hôtel en cours de finitions « le jardin fleuri ».
Le directeur d’établissement offrira le séjour à ses premiers clients.
Aujourd’hui changement de catégorie nous nous apprêtons à regagner le mille étoiles de notre guide Hussein.
En compagnie de deux jeunes étudiantes notre équipage roule bon train vers les portes du désert avec un court sursis lors du déjeuner dans les montagnes.
Vers 17 heures nous pénétrons au cœur de la fournaise (45°).
Un vent torride attise le sable comme de la braise. Seule la vitesse nous maintient à l’état solide.
Le soleil décline et il est grand temps de se fixer. Derniers sillons sur le dos d’une dune et le moteur se tait.
Aucun bruit, aucune trace de vie, immédiatement cette absence devient envahissante.
Envahissante puis inestimable puisque ici nul interdit, nulle obligation, tête, bras, jambes se découvrent sans complexe dans l’ivresse d’une éphémère liberté.
Nos silhouettes prohibées saluent alors celui qui après avoir rôti la terre embrase le ciel.
Puis à la faveur de la fraîcheur toute relative du début de soirée, Marcelle et Hussein préparent le repas : spaghetti bolognaises à la viande de chameau, un régal.
Repus, nous rêvons les yeux ouverts, à l’affût d’étoiles filantes striant une voûte céleste admirablement dessinée.
La discussion part tout azimut tantôt sérieuse tantôt futile :
jusqu’à ce qu’une douce brise nous permet enfin de trouver le sommeil dans un parfum d’insouciance et de bien être.
Il est cinq heures et le désert s’éveille. Autre luminosité, autre paysage et pourtant même horizon. Nous marchons à pas feutrés dans le sable frais comme si nous risquions de briser le silence matinal.
Mais déjà le maître des lieux lance ses dars pour régner sans partage et nous chasse à plus de 40 km à l’ombre d’un providentiel caravansérail où nous prenons le petit déjeuner.
Et les impitoyables prescriptions islamiques reprennent leur droit.
La liberté c’était juste hier au soir