Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /2007 07:58

Sur la route de Shiraz, Abarkuh, ville de moyenne importance où nous décidons de faire halte.

Le temps de faire les courses et de sympathiser avec des étudiants qui nous dirigent vers un parc pour y passer la nuit.

Préparation du pique-nique, les bras chargés, Marcelle glisse sur le marchepied en descendant de la cellule et s’affale sans pouvoir amortir la chute. Evanouie, elle ne répond pas à mes sollicitations. Un passant prévient aussitôt les urgences et l’ambulance ne tarde pas à arriver.

Je la dépose sur le brancard médecin et infirmiers s’interdisant de toucher son corps. Arrivée de la police, et nous partons en convoi jusqu’à l’hôpital.

A demi consciente Marcelle se plaint d’un coude et d’un genou, la doctoresse décide alors de lui faire passer une radiographie puis l’installe sous perfusion dans un lit.
Le diagnostique est heureux aucune lésion juste des contusions et plaies nécessitant quelques soins.

Il faudra néanmoins trois bonnes heures avant qu’elle ne retrouve suffisamment ses esprits pour quitter la chambre.

Nous dormirons sur place.

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Au petit matin, nous allons remercier l’équipe de nuit toujours en poste. Le directeur de l’hôpital nous dispense des frais d’intervention et de soins d’un montant équivalent à 7 €.

Durant toutes ces péripéties, un jeune couple m’accompagne spontanément dans les démarches administratives et va jusqu’à me rapporter un diner.

Comment remercier tant de gentillesse et d’égard envers l’étranger.

Pour nous remettre de toutes ces émotions nous prenons une journée sabbatique, à l’ombre d’un arbre bordant un ruisseau.

Sous l’œil amusé des passants, Marcelle expose notre lessive de chaussettes et culotes et je répare la porte du cabinet de toilette qu’elle avait arrachée dans sa chute.

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Il est temps de reprendre la route.

En Iran seuls camions et bus roulent au gasoil.

Aux stations, peu nombreuses, s’allongent d’interminables files d’attente. Nous avons alors tout loisir de répondre à la curiosité des routiers qui généralement finissent par nous céder la place.

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Autre source de satisfaction, les cents litres de gasoil pour à peine plus d’un euros (le rêve).

A peine repartis, Nous tombons au hasard sur un élevage de chameaux.

Les bêtes quasi sauvages, sont attrapées une à une au lasso dans l’enclos, accrochées en duo à un meneur dressé qui les dirige vers l’aire l’embarquement, puis entassées à grands coups de trique dans la bétaillère.

Les genoux sous le corps, l’animal se retrouve dans l’impossibilité de se relever jusqu’à son funeste destin.

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La grosse bestiole finit dans les hachoirs des boucheries spécialisées.

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Essayez la viande de chameau c’est très gouteux.

En fin de journée, nous ouvrons le grand livre de la mythique Persépolis.

Un monde fait de licornes, de dragon en côte de maille, de créature hybride mi homme mi cheval et de griffons qui a inspiré et inspire encore tant de légendes.

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Et surtout une multitude de splendides bas-reliefs au graphisme bouleversant nos sens repus d’antiquités romaines ou grecques.

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Même si le spectacle n’est pas aussi grandiose que nous l’espérions, le déracinement est absolu.

Il est temps de prolonger ce rêve
par un vrai sommeil.

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