Nous quittons définitivement notre parking favori pour faire l’ouverture du consulat du Pakistan.
A notre plus grande surprise le plénipotentiaire affirme, sans le prouver, que le formulaire de demande est incomplet (l’adresse permanente en France manquerait alors que nous prétendons le contraire). Et de rajouter qu’il aurait lui-même attendu son visa français durant trois mois. Sans autre explication, il nous renvoie à demain.
Le triste scénario d’Erzurum se reproduirait-il ?
Décidés à ne pas se laisser abattre, nous grimpons sur les hauteurs de la capitale jusqu’au téléphérique de Tochal. Celui-ci conduit aux stations de ski et il serait même question de le prolonger jusqu’à Chalus à plus de 70 km. Le rêve des téhéra (ché pas quoi), montagne et mer à portée de télécabines.
D’ici, on appréhende mieux l’urbanisation galopante qui fait sauter les carcans d’un plateau trop étroit. Ainsi la ville s’étage désormais entre 1 100 et 1 700 mètres.
Un peu plus à l’est, le parc de Sad Abad anciennes résidences d’été des pahlavis reconverties en musée national.
De nombreux édifices jalonnent bois, jardins, pelouses et bassins d’une superficie comparable à celle du bois de Vincennes. Les deux plus remarquables : les palais vert et blanc.
Le palais blanc résidence de la famille impériale. Coquette demeure d’une cinquantaine de pièces meublées de remarquables tapis dont le plus modeste, 54 m2 fait pale figure à coté du plus grand jamais fabriqué en Iran presque 150 m2.
Le palais vert logement privatif du dernier chah à la décoration exquise et presque sobre (toute proportion gardée pour un appartement royal).
Aux « pieds » du palais blanc une curieuse sculpture.
Certainement un hommage au chah botté (trop facile).
Ce n’est pas tout ça, il nous reste à dégoter un emplacement proche du consulat pakistanais pour en faire le siège. Le parking de l’hôtel Laleh (la rose), l’un des cinq étoiles les plus huppés de Téhéran, fera l’affaire ; négociation rapide et emplacement gracieux pour la nuit.
Parcourant les mails au café net de l’hôtel nous apprenons qu’Alexandre (Au fil de la soie) vient d’arriver dans la capitale. Nous tenterons en vain de le contacter pour convenir d’un rendez-vous. A ce moment, une suspicion naissante nous assaille. La corrélation présence d’Alexandre / difficultés d’obtention des visas se vérifierait-elle à nouveau ? Allez, au bénéfice du doute on te pardonne.
Le lendemain deuxième round au consulat Pakistanais. Cette fois ici on nous réclame le règlement et bien sûr …. revenez demain.
En deux temps trois mouvements, nous retrouvons un stationnement parfait en bordure d’un parc à portée de tir du consulat.
Deviendrait-on expert à survivre, sans habitat fixe, en milieu urbain dans l’environnement hostile des ambassades ?
Nous occupons ce temps mort à des préoccupations plus terre à terre : coiffeur, berbère et lessive.
Mais aussi, le soir venu, à un échange musical et culturel :
Il est à peine 9h30 lorsque nous empochons les visas Pakistanais, alléluia. Il n’y aura pas de quatrième round.
Après un dernier grand détour (ville immense) par le bazar et ses mosquées, nous prenons la direction d’Ispahan.
En chemin, il faut songer à faire la première vidange et oui déjà 15 000 km parcourus.
Arrêt à un garage, sous l’œil incrédule des mécanos. On se rapproche pour voir comment bosse l’étranger qui met les mains dans le cambouis. Au final, refus de l’embauche mais d’accord pour une partie d’échec.
Cocorico la France l’emporte sur abandon avec deux pions et une tour contre deux pions.
Autre rencontre, cet énorme criquet du désert.
Bêbête somme toute inoffensive, mais situation impressionnante lorsqu’on ne sait plus où poser les pieds tellement ça grouille.
Hormis les « ordinaires » caravansérails la circulation constitue l’essentiel du spectacle de la Persan Golf.
L’irresponsabilité des chauffeurs prend toute sa mesure dans les chargements qui défient les lois de l’équilibre ou lorsqu’une marche arrière voire un demi-tour sur autoroute n’offusque personne.
La palme revient à ce jeune homme en plein trip qui s’amuse à nous doubler tantôt par la gauche, tantôt par la droite.
L’animal circule, un réchaud à gaz allumé sur le siège, et inspire les effluves de la résine qui se consume au contact d’un tison incandescent.
Mais vous me direz, une main tenant le tison, l’autre le morceau de résine, le regard fixé sur l’extrémité de la canule ; qui conduit ?
Invité, nous nous sauverons avant que le paysage ne devienne franchement flou.
Y a-t-il meilleure saison que le printemps pour traverser le fief des roses ?
Dans le petit village de Qamsar d’archaïques alambics en cuivre produisent toujours l’essence de rose. Utilisée pure comme base de nombreux parfums, mais aussi en solutions plus ou moins diluées comme arome pour les pâtisseries et autres gâteries ou élixir de jouvence.
Qu’elles fleurent bon les légendaires
roses d’Ispahan