Nous rejoignons le mer Caspienne par une route de montagne via Sarah et Ardabil.
Lors d’un contrôle, un policier confisque nos passeports. Le maniaque nous rackette, sans scrupule, d’un soutien-gorge. L’incident, sans grande conséquence, confirme néanmoins qu’il y a plus à redouter des forces de l’ordre que de la population au demeurant fort accueillante et désintéressée.
Dans les hauteurs, l’humidité noie le paysage sous une épaisse brume et ce n’est qu’au tout dernier moment que le littoral se dévoile aux portes d’Astara (frontière avec l’Azerbaïdjan).
Le front de mer tente en vain de perpétrer les fastes Pahlaviens. De Ramsar à Chalus, plages de galets et promenades à l’ambiance de parc d’attraction à l’abandon n’attirent plus qu’une clientèle de businessmans russes.
Appelée à tort mer, la Caspienne n’est en fait qu’un lac et représente à elle seule la moitié des eaux lacustres mondiales. Très peu salée, elle se situe à moins trente mètres sous le niveau des mers.
Célèbre pour les esturgeons et son fameux caviar qu’il est tout aussi difficile de prendre au filet que de trouver sur les marchés.
A Chalus, une route pittoresque à travers le massif d’Albroz nous guide jusqu’à Téhéran.
Bordée de reliefs enneigés dépassant les 5 000 mètres, gorges étroites et ravins vertigineux se succèdent au rythme des lacets.
Au point culminant, nous ferons halte sur une aire de repos que les marchants de soupe se sont appropriés.
De nombreux automobilistes en week-end (jeudi après midi et vendredi dans le calendrier islamique) y font une pause.
D’ailleurs, chaque jeudi soir, éclosent dans les endroits les plus insolites, une multitude d’igloos bariolés.
Pique-nique et camping sauvage (de chez sauvage) sont incontestablement des institutions populaires en Iran.
Nous profitons que la ville se soit vidée de ses habitants pour pénétrer dans la capitale.
Direction l’ambassade de France rue « Nofl loshato » (essayiez de traduire en français et faites le rapprochement avec Khomeini) où malheureusement nous trouvons porte close. La représentation tricolore vivant au rythme local avec en bonus le samedi.
Qu’a cela ne tienne, nous attendrons dimanche pour obtenir les lettres de recommandation et commençons les visites.
En entame, la tour Azadi (liberté en farsi) érigée en 1971 pour commémorer le 2500ième anniversaire de l’empire perse.
D’en bas, d’en haut, de dedans, toutes ses facettes séduisent.
Mention spéciale pour le superbe point de vue sur la mégalopole.
A ses pieds, une rencontre avec le gratin du Dauphiné nous permet d’échanger quelques recettes de voyage.
Mais surtout, la perspicacité de la guide (Maryam) et du chauffeur du groupe nous amène à dénicher un excellent stationnement.
Ce sera le parking gardé de l’aéroport Mehrabad à deux pas.
Les gardiens, tout étonnés de voir débarquer un ORNI, nous réservent le meilleur accueil.
Marcelle prendra un cours de farsi dans la guérite du chef, pendant que je sillonnerai les alentours à la recherche de notre repas du soir.
Chevauchée fantastique d’une heure, en 125 cm3 avec chauffeur, au mépris de toutes les règles de circulation.
Profitant de la journée sabbatique, nous déambulons dans les quartiers chics du nord de Téhéran, non sans penser, au retour, à rapporter à nos aimables gardiens quelques délicieuses gourmandises.
Dimanche marathon entre les consulats de France, du Pakistan et d’Inde.
Deux problèmes majeurs subsistent :
Dépités nous esquissons plusieurs scénarii :
Dans l’expectative nous lançons d’ores et déjà la procédure des visas pakistanais.
Heureusement la soirée s’annonce sous de meilleurs hospices.
Nous retrouvons deux couples d’expatriés rencontrés en Cappadoce :
Olga nous concoctera un délicieux repas portugais, son pays natal.
Une soirée trop courte, pour faire pleinement connaissance de ces français captivants au vécu hors du commun.
Motashakkeram les expats