Et de deux, il faut tourner les remontoirs, cette fois-ci d’une heure et demie pour un écart total de deux heures trente avec Paris.
C’est moins du temps qu’il nous faut pour accepter notre première invitation iranienne.
De fil en aiguille, un jeune homme (Meysam) nous interpelle dans la rue en français et téléphone à son ami Ali interprète francophone qui nous prie de passer la soirée en sa compagnie sur Maku.
La discussion passionnante et passionnée se prolonge jusqu’à 1 h du matin.
Intellectuel kurde, politiquement engagé, il nous offre symboliquement l’une de ses traductions en kurde et farsi, celle de la déclaration universelle des droits de l’homme. Qui l’eu cru ?
Le lendemain, l’ami d’Ali, jeune maire de la ville voisine, nous fait découvrir le Palais Baqcheh Juq, ancienne résidence des gouverneurs à la décoration tzariste.
Merci à Ali et ses amis pour cette entrée en matière de bon augure.
Sur leur conseil avisé, nous faisons un crochet par le lac salé d’Orumiyeh, le plus vaste lac d’Iran.
La trop forte teneur en sel y empêche toute vie, animale ou végétale. Une immense jetée en construction depuis plus d’une décennie projette de le traverser en son milieu.
Mais pour l’heure, au trois quarts achevée, un ferry assure le relai. Pas d’horaire, la barge rongée par la rouille ne prend le départ qu’une fois remplie.
Superbe spectacle, et traversée ne manquant pas de sel.
Dépassant les faubourgs de Tabriz, la corvée de la recherche d’un point de chute pour la nuit se répète.
Nous nous adressons à l’office du tourisme dirigé par le Saint Bernard des touristes, monsieur Naser. L’homme multilingue, disponible et sympathique, dispense son aide tout azimut, lieu de parking, démarche pour l’assurance du véhicule et bien entendu excellents conseils pour visites et sustentations.
Petit bémol, il avait omis de nous avertir des risques qu’encourt l’étranger.
Lors de la visite de la Mosquée Bleue nous frisons l’émeute. Un groupe d’étudiantes se rue sur nous et nous assaille de mille questions.
Du coup, nous décidons de tomber dans la clandestinité.
Une erreur de manœuvre immobilise le véhicule. Tous freins bloqués, les roues avant menacent de tomber dans un profond caniveau (40 cm). Instantanément des passants se mobilisent, un, puis deux, puis dix personnes soutiennent l’engin par le pare-choc me permettant d’enclencher la marche arrière et de lâcher la pédale de frein pour écraser l’accélérateur.
Nous en serons quittes pour une grosse frayeur et de chaleureux remerciements.
Comble du sort, l’un de nos sauveteurs nous convie à diner.
La soirée, cordiale et chaleureuse, se prolonge tard dans la nuit.
Toutes nos amitiés à Hassan, Hakimeh, Ali Reza et Somahey pour ces moments passés en leur compagnie.
Tabriz ne déroge pas à la tradition du Bazar qui, par sa superficie, se classe au deuxième rang mondial après celui d’Alep (Syrie).
Mais quel délice de se perdre dans ce capharnaüm où affamés nous déjeunons en sous-sol. La cave fait également office de fumerie.
Ambiance et repas typiques. Au menu, « abgusht », ragoût à base de mouton, pois chiches, pomme de terre, tomates et oignons noyés dans la sauce, le tout servi dans un pichet.
Pour seuls ustensiles, un bol, un pilon et une cuillère à soupe, les conseils du serveur s’avèrent indispensables :
Bon appétit.
Repus, direction la Caspienne.
Khoda hafez