En fin de journée, nous quittons Van par la route longeant la fameuse voie ferrée qui serpente jusqu’à la frontière iranienne la plus proche.
A mis parcours l’accueil providentiel de la famille SATICHAN nous épargne une soirée qui s’annonçait bien fraîche.
L’autorité du maître des lieux prévaut non seulement dans cette maison qu’il partage avec femme et cinq enfants mais également à Bodrum (à plus de 2 000 kilomètres) où résident une deuxième femme et quatre autres enfants.
Le plus surprenant est que les enfants soient répartis indifféremment du lieu de résidence de leur mère respective.
Nous abordons avec nostalgie la dernière étape turque : Ozalp. L’occasion de poser une ultime fois dans les rues durant la pause thé et les emplettes.
Trop vite dit, les douaniers de Kapikoy nous refoulent, arguant que ce poste n’est ouvert qu’aux frontaliers.
Nous voilà contraints de faire demi tour jusqu’à Van, puis, de rejoindre, par une route secondaire, Dogubayazit, notre point de passage initial à plus de 300 Km.
Juste le temps de faire le plein avec du carburant de contrebande iranien à moitié prix et en route.
Comble du bonheur, une tempête de neige carabinée déferle dans la montée du col Tendurek (notre nouveau record d’altitude).
Heureusement, la descente offre, pour récompense, le mont Ararat en point de mire. A ses pieds, un couple de cigognes semble attendre la prochaine arche de Noé.
Sa majesté Agri Bagi domine Dogubayasit et son haut plateau à près de 2000 mètres.
Est-ce la rudesse du climat kurde ou la modeste taille du bourg qui rend la population encore plus accueillante ?
Il suffit de déambuler dans la rue pour se voir sans cesse offrir le thé. Ce sera le cas chez un étudiant, épicier le week-end, un importateur d’alcools russe et un grossiste en nouilles, sucre et savon.
Kébap d’intérieur tenu par des enfants ou Kébap d’extérieur au feu de bois, si les « büffes » abondent, le menu n’est en revanche guère varié.
Vite un cyber café pour faire, en bon franchouillard que nous sommes, une critique de la restauration turque.
Surplombant la ville, le palais d’Ishak Pasa, splendide demeure seldjoukide.
Jusqu’au bout, la Turquie émerveille ou surprend comme ces moutons en file indienne sur une fourmilière à leur mesure.
Trente kilomètres plus loin, barbelés et murs d’enceinte nous séparent encore pour une nuit de l’Iran.
Demain sera un autre pays