Vendredi 13 juin 2008
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Après une pause nocturne sur la plage de Pantal Cahaya Bulan ou PCB pour les intimes, nous voici d'attaque pour la
visite de la métropole attenante, Kota Bharu.
Tout d'abord, l'ancien palais des sultans aujourd'hui musée des cérémonies. On y expose une mise en scène des rites
royaux de la naissance des princes à aux funérailles des rois,
ainsi qu'une splendide collection de « Kriss », le fameux couteau malais à lame en zigzag.
Après un déjeuner dans une cantine, poursuivons avec une approche plus populaire de la vie traditionnelle
malaise :
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un concert de « Rebana », ces énormes tambours magnifiquement décorés que leur poids et taille imposent d'en
jouer reposant à l'horizontal sur un chevalet,
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le « Silat », un art martial à mains nues où l'on ne porte pas les coups, aussi gracieux et virevoltant que
la capoeira, rythmé bien entendu au son du « Rebana »,
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le « Gasing Pangkah », un art qui consiste à faire tourner une toupie le plus longtemps possible. La
technique : enrouler une corde dans la gorge de la toupie pour la lancer à la manière d'un yoyo sur une plate forme. Elle est alors ramassée par un assistant avec une spatule et placée sur
un présentoir devant les arbitres. Mais que l'on ne s'y trompe pas, l'engin lesté pèse jusqu'à sept kilos pour des raisons évidentes d'inertie, et ne peut être manipulé par un enfant.
Minutieusement équilibrée et huilée, les champions arrivent à la faire virevolter sur son axe deux heures durant,
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une variante, le « Gasing Uri ». Ici, il s'agit de chasser de l'aire de jeu centrale la toupie en mouvement
d'un adversaire en la percutant avec la sienne. L'idéal étant d'obtenir un carreau comme à la pétanque. Le point n'est réalisé que si la toupie de l'attaquant reste en mouvement après l'impact.
Même méthode de lancer que pour le « Pangkah » mais avec des toupies en bois dur et bien plus légères,
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le « Wau », plus qu'un cerf-volant c'est LE cerf-volant. De fines lattes de bambou et du papier, une forme
unique, le croissant de lune, un motif traditionnel proche de la marqueterie ou de la dentelle, et la grâce dans les airs. La réputation des « Wau » de l'état du Kelantan n'est plus à
faire depuis cinq siècles,
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et enfin le « Burung Ketirir », concours de chants d'oiseaux à la belle saison pour sublimer le ramage du
volatile. Tous les vendredis matin, pays musulman oblige, les amateurs suspendent dans la rue de superbes cages d'où s'échappe le chant de leurs protégés. En ce qui nous concerne le petit
oiseau ne va pas sortir non plus, batterie vide...
De bien tendres et agréables scènes de vie traditionnelle aux antipodes de la vie sur-occidentalisée de la côte
ouest.
Allez, passons, des petits immeubles bourgeois de la bourgade aux cabanes de pêcheurs de la plage de Merang pour la
soirée.
Le lendemain, nouvelle découverte, un chantier naval où les charpentiers ne travaillent que des bois nobles. Héritage
d'un long passé de navigateurs et de pirates sur la presqu'île de Duyong. On ne fabrique que des voiliers hors normes. Aux galbes, au toucher, à la finition, rares aussi rare que les
finances des commanditaires, même au coût de la main d'œuvre malaise.
Il n'y a que le pont sultan Mahamud à traverser pour s'engouffrer dans les entrailles de Kuala Terengganu,
capitale de province. A travers ses persiennes et porches, la ville laisse entrapercevoir un autre passé, celui d'un melting-pot racial, amalgame de chinois, indiens et descendants de colons
anglais, hollandais ou portugais.
Résurgences au présent