Sous la pluie, il n'y a plus grand monde sur la piste.
Des paysages embrumés du Phou Sanam (1398 m) à la vallée il n'y qu'une descente vertigineuse sur 12 km de lacets qui nous laisseront d'indéfectibles sueurs froides.
C'est donc les jambes un tantinet flageolantes que nous stoppons à Pak Xeng au confluent de la Nam Xeng et de la Nam Xuang pour évacuer le stress autour d'un bon repas.
Il n'y a plus alors qu'à longer le cours de la Nam Xuang par une large route empierrée pour retrouver le Mékong à Luang Prabang.
Une ex capitale royale au patrimoine historique et culturel exceptionnels pour les guides, intéressant à notre humble avis. Depuis la construction de l'aérodrome, la cité de « la grande statue d'or sacré » se vide peu à peu de ses habitants et de sa substance pour se peupler d'expatriés et se tourner vers le tourisme étoilé.
Courses de pirogues sur la Nam Kane, marché « artisanal » nocturne quotidien, médiatisation du rituel de l'aumône des bonzes et des processions du Pimai, expo « culturelle » à l'alliance française, etc... un matraquage événementiel résultat les dérives de l'effet UNESCO et du mercantilisme.
Une sérénité d'antan recréée artificiellement à la lueur de la concentration de la vie monastique de la cité engaillardie de ses 32 pagodes.
Direction l'atypique wat Xieng Thong et ses monumentales mosaïques à l'image de l'arbre Boddhi (arbre de vie).
Aujourd'hui, une campagne de recrutement y bat son plein et pour convaincre le postulant bonze on ne lésine pas à promouvoir une dotation cossue.
Malgré tout, l'argument ne suffit pas à enrayer une crise de vocations naissante.
Et même si les laïques continuent à subvenir par tradition aux besoins élémentaires des moines, ces derniers se consacrent davantage aux durs travaux d'entretien du patrimoine immobilier qu'à leur vie spirituelle. Ceci explique cela.
Prenons un peu de hauteur, dans notre cas surtout pour le point de vue sur la ville et le Mékong, à la rencontre des Wat du mont Phousi.
Quoique, ne serait ce pas d'en bas que l'on apprécie au mieux les toitures traditionnelles à pans multiples qui s'évanouissent jusqu'au sol.
Il en "wat" des vocations comme de ses toits