A l'arrivée sur Phonsavan nous avons l'agréable surprise de retrouver Gaëlle et julien (rencontrés au Vietnam) et de faire la connaissance d'un autre couple de voyageurs Français Noémie et Gwen.
Des retrouvailles et une nouvelle rencontre fêtées comme il se doit autour d'une bonne table. Une de ces soirées pleine de récits où le temps passe sans que l'on y prête attention. Si bien qu'en regagnant nos pénates, le portail cadenassé du parking nous contraint à escalader la clôture sous l'œil moqueur de nos compères qui agitent railleusement les clefs de leur chambre d'hôtel. Mais demain les petits loups, levés à six heures pour attraper le bus !
Phonsavan doit sa notoriété à un site unique et mystérieux, la plaine des jarres.
Voilà 4 000 milles ans que des centaines d'amphores géantes, taillées dans le calcaire, jonchent la prairie désertique. Le plus inexplicable, l'absence de roche karstique à plus de cent kilomètres à la ronde. Les paléontologues attribuent les mégalithes à des urnes funéraires.
Au-delà de l'énigmatique, la composition aléatoire émancipe une épure insolite qui ne peut laisser insensible.
Moins réputé le golf et pour cause c'est un links dans l'herbe à vaches, attention toutefois à ne pas droper dans une bouse !
Allez, un petit tour au marché avant de reprendre la route. Exceptées les fleurs de bananier ou les nouilles de riz au kilomètre, les autres bizarreries comme les brochettes de cafards conserveront tout leur mystère gustatif.
Dans cette région au nord-est de Maung Kham, les paysages vallonnés de jungle ne cessent de se dévoiler puis disparaître jouant à cache-cache avec les nuages et les brumes d'humidité.
Quand ce ne sont pas les brulis qui font écran de fumée. La forêt vierge se consume dans un crépitement de douleur jusqu'à ce que le silence ne reconquière une nature méconnaissable.
Autre fumerole, celle d'un pétard qui nous rappelle que la conjonction, de la misère chronique d'ici et du besoin d'évasion des bobos de là bas, n'est pas prête de ralentir la culture du cannabis et du pavot.
Sur la dernière portion asphaltée, attention boîtes à savon !
Les frêles châssis de bois passent du ludique dans les descentes à l'utile pour charrier de lourdes charges. Direction actionnée par les pieds et freins à main à l'aide d'un levier en bambou qui frotte sur la chaussée.
Au-delà, c'est la piste ponctuée de villages égarés à l'image de Phou Loei.
Une rue unique bordée de pilotis, une activité unique vivre, corvée d'eau ou de bois, chasse, pêche, cueillette, agriculture vivrière. L'éducation, la culture, la santé pas de temps à leur consacrer.
Une piste des crêtes qui serpente de montées en descentes abruptes, un fin ruban de latérite entre ciel et terre dégageant à droite comme à gauche des paysages abyssaux.
Quelques cabanes et les couleurs chaleureuses du couchant, il est temps de faire halte, encore faut-il trouver une aire plane dans cette montagne "russe".
Aussitôt c'est l'attroupement, mais comment font-ils pour vivre si nombreux dans si peu d'habitations ? Et minuscule qui plus est, à coup sûr nous avons plus d'espace par personne dans notre 6 m².
Le contact est immédiat et fraternel comme à l'accoutumé. L'autorisation de stationner pour la nuit obtenue, à grand renfort d'une visite guidée du camping-car, nous partons faire plus ample connaissance.
Bain publique pour femmes, hommes et enfants autour de l'unique point d'eau.
Les enfants s'occupent d'encore plus petits qu'eux, les ados préparent le dîner, les adultes ne s'occupent plus de rien éreintés par une journée de labeur.
A quel âge devient-on adulte ?