Lundi 14 avril 2008 1 14 /04 /2008 21:45

Nous revoilà en Thaïlande pour une petite incursion par la route des citadelles Khmères longeant la frontière cambodgienne.

Très rapidement une première halte inopinée nous parachute dans l’ambiance d’un match de foot à la mode locale, sono tonitruante et des pom-pom girls au look ravageur. Le spectacle est autant dans les tribunes avec en filigrane une évidente influence d’outre atlantique.

 

Nous passons une agréable soirée à Phibun, le long de la rivière Moon. Les rives aménagées attirent de nombreuses familles qui viennent piqueniquer et faire trempette tout habillées sur des chambres à air de camion dans les rapides de Kaeng Saphue.

 

Dès le début de journée, premier vestiges khmer à Uthumphon Phisai, le prasat Kamphaeng Yai. Un temple hindou d’hier circonscrit dans l’enceinte du wat bouddhique d’aujourd’hui. Les briques millénaires érodées y côtoient des moulages en plâtre à la dorure clinquante, signe d’évolution des techniques et des goûts.

 

Puis celui de Phanom Wan érigé sur une stèle cruciforme monumentale.

 

Le prasat Muang Tham est quant à lui, une harmonie de symétrie, une enceinte carrée, flanquée en chacun de ses coins d’un bassin en L. Au centre trônent cinq prangs en quinconce dans l’alignement du gopura. Une restauration admirable digne des plus beaux sites d’Angkor, la quiétude en prime. Un havre de paix rêvé pour un bivouac le long du barrai.

 

En surplomb, juché sur un ancien volcan, le prasat Phnom Rung. Un magnifique site archéologique dans un cadre enchanteur. Escalier bordé de lotus, margelles de nagas, lingam, dôme évoquant le mont Méru, tout le culte hindou dédié à Shiva.

 

Une pause nocturne à Nakhon Ratchasim, avant de repartir et remonter plus encore le temps jusqu’à celui du berceau des civilisations d’Asie du Sud-Est à Ban Prasat. Les fouilles préhistoriques se répartissent en trois fosses disséminées à même le petit village.

Enfin, le Prasat Hin Phimai, une majestueuse citadelle khmère qui marque l’extinction de l’hindouisme au profit du bouddhisme dans le courant du XII.

 

Tous ces sites, bien plus que de simples substituts, constituent une magnifique alternative, aux célébrités cambodgiennes.

Nous tournons la page khmère pour remonter plein Nord sur Khon Kaen, quatrième ville du pays. L’architecture pyramidale du Wat Muang Kao y domine de ses 9 étages le lac Kaen Nakhon.

 

Chaque soir, la foule pratique une activité sportive autour du plan d’eau. Marche, vélo, rollers, ping-pong et une discipline bien particulière, un festival d’élégance, d’adresse et de précision. Sept joueurs en cercle jonglent durant trente minutes avec une balle tressée et tentent d’atteindre un panier suspendu à une dizaine de mètres. On utilise le talon, le plat du pied, la tête et l’épaule pour propulser la balle et surtout pondérer la marque.

 

Le lendemain nous nous dévions vers une manufacture de panneaux solaires dans l’espoir de remplacer celui brisé au Vietnam. En vain, en revanche nous découvrons une tranche de vie des salariés. Le déjeuner est pris assis sur des cartons sous l’abri à vélos. Et vous, comment trouvez-vous votre restaurant d’entreprise ?

 

Puis nous nous laissons séduire par Ban Kok Sa Nga dit « village des cobras ». A l’affiche, petits et grands taquinent les reptiles dans un show surfait à la limite de l’affligeant, le baiser de la mort. Enfin, si ça peut leur éviter de fréquenter la cantine de l’usine !

 

Plus sobrement, nous stoppons au parc d’Ubol Tatana Dam pour un piquenique,

 

et surtout assouvir la passion de Marcelle, d’autant qu’en Thaïlande un neuf trous avec caddy s’adjuge autour des trois euros !

 

Drôle de pays économiquement développé et totalement déficient sur le plan social.

Ce qui n’empêche pas la liesse populaire à l’occasion du début du nouvel an bouddhique. Trois jours mis à profit pour, selon la religion, laver ses péchés. Au sens figurer et aussi au sens propre puisque il s’agit de s’asperger jusqu’à la lie. Et nous n’y couperons pas à partir d’Udon Thani, d’ailleurs pris dans le jeu nous nous équipons en conséquence, pistolet à eau avant de passer au pulvérisateur grande capacité. Le bord des routes voit fleurir des scènes improvisées où se trémoussent lascivement des bimbos en ultra mini short, soutien-gorge et Stetson. Trois jours, défouloir au contraste déroutant au regard de la bien séance de la baignade pudique en jean teeshirt.

 

A Nong Khai, nous traversons au sec le pont de l’amitié, un nom qui ne suffit pas à assainir à lui seul les querelles territoriales historiques laoes/thaïes.

 

Retour au Laos

 

 

Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés