Mardi 1 avril 2008

Démarches douanières sans soucis. Le côté lao se nomme Nam Phao alors arborons les couleurs de notre nouvel hôte avant de partir à la recherche d'un premier bivouac dans l'ancien royaume du million d'éléphants.

 

Après une nuit un peu avant Lak Xao, nous filons plein Ouest à travers un massif karstique surréaliste jusqu'à la vallée du Mékong, ligne de démarcation naturelle avec la Thaïlande.  

Chemin faisant, le Wat Pha That Si, des filets chinois, une crevaison, un bouddha bedonnant et une fin d'après midi sur les rives du Mékong à Thakhet.

 

Une ville qui conserve quelques illusions de son passé colonial début XX.

En revanche, un passé qui n'aura pas contribué à mettre l'économie du pays sur orbite. Durant les 150 Km qui nous séparent de Savannaket, seules quelques maisons sur pilotis rudimentaires quand il ne s'agit pas plus tragiquement de cabanes,

hantent les rizières brulées.

Encore un pays cantonné aux portes des voies du développement.

Nous passons la nuit au bord de l'étang de Nong Lom. Vers 23 heures deux motos se garent proche du camping-car. Quelques instants se passent et l'on tambourine à la porte. J'hurle pour dissuader les intrus mais rien y fait. Il me faut ouvrir et descendre. Je me rhabille, allume la lampe torche, déverrouille la porte et me précipite d'un air décidé masquant une fébrilité certaine. Je me vois alors stopper net dans l'élan, braqué par deux mitraillettes. Dès lors, profil bas et tout se dénoue sans dégénérer autour d'une cigarette. Les quatre hommes appartiennent à une milice mafieuse qui protège les intérêts illicites de la minorité locale.

Le contrôle terminé, les miliciens s'en retournent la kalachnikov en bandoulière. Le sommeil sera difficile à trouver le temps que le pouls retrouve son tempo.

Le lendemain, c'est un escadron de bouddhas pacifiques qui nous accueille au That Inheng.

Puis, à Savannaket, nous retrouvons le face à face anachronique des deux époques :

  • l'église St Thérèse et le Wat Sayaphoum,
  • la deuche et tuk-tuk des bonzes.

Une particularité de la cité, la présence d'une large communauté vietnamienne implantée par les colons pour encadrer la main d'œuvre lao. Et pourtant, contre toute attente c'est avec un couple de suisses que nous passerons la soirée. Une nouvelle rencontre d'opportunité avec des voyageurs. L'arrivée soudaine d'une nuée d'éphémères interrompt le dîner avec Lucia et Berny et nous oblige à nous refugier dans les véhicules.

La discussion s'oriente vers la suite de nos voyages respectifs d'autant qu'hier nous venons d'appendre que la Chine n'autorisera plus aucun transit motorisé à compter du 15 avril, invoquant une mesure de sécurité pour des jeux olympiques.

Une décision que nous avons tenté en vain de contester sachant que nous étions censés y entrer pour le 15 mai et en sortir 30 jours plus tard pour la Mongolie soit le 14 juin. Et oui, un mois et demi avant que la flamme ne s'allume. Mais rien n'y fera, bilan : deux visas inutiles (2 x 30 $), et surtout le maigre espoir d'être remboursé de l'avance versée à l'incontournable opérateur chinois (2 500 $). A un mois près, l'arbitraire va bouleverser la suite du voyage.

Alors, les idées fusent, réaliser une traversée de Bangkok ou Singapour vers Vladivostok, reprendre l'idée d'un retour via l'Afrique du sud....Mais encore faut-il tenir compte du timing climatique. Bien que la nuit porte conseil elle n'apportera pas de solution. Après le petit déjeuner, la coalition « éphémère » franco-suisse se dissout et chacun reprend sa route sur la promesse d'un contact étroit.

En ce qui nous concerne ce sera Paksé au confluent du Mékong et de la Sedon.

De ce chef lieu des provinces du sud, nous en retiendrons :

  • le Wat Luang, un monastère récent datant des années 30,

  • le marché du soir avec à l'étal des abats douteux, des geckos les pattes ficelées dans le dos et des pieds d'on ne sait trop quoi.

Nous mangerons donc une omelette

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