Est-ce les fresques du Banteay Srei, fines dentelles de grès rose, qui lui valent le surnom de citadelle des femmes ?
Et se souvient-il de la tentative de pillage d'André Malraux ? Délinquant à ses heures, il fut pris la main dans le sac et vit sa peine de deux ans fermes commuée en 3 mois avec sursis grâce à la mobilisation de ses amis influant. Un casier judiciaire qui ne l'empêchera pas d'accéder à une fonction ministérielle et de voir ses cendres transférées au Panthéon ! Les écrits éviteraient-ils les incarcérations dans des « conditions inhumaines » et pardonneraient-ils certains actes?
Nous terminerons par le commencement, le Roluos, temples pré angkoriens du IXième siècle. Un ensemble brahmanique dédié à Shiva où aujourd'hui déambulent les bonzes sur fond de stèles en sanscrit.
Marcelle le croque doublement, à pleine dent et au crayon, le plus majestueux d'entre eux, le Bakong.
Vous l'aurez compris, pour Angkor, un seul mot d'ordre, succomber à la boulimie archéologique jusqu'au crépuscule. Tout en sélectionnant les mets khmers selon son appétit sachant qu'il est impossible d'engloutir la totalité d'un buffet si gargantuesque.
Basculons dans la gastronomie française par le biais d'un voyageur que nous aurions souhaité croisé ; Paul Dubrule, cofondateur du groupe Accor et ex sénateur maire de Fontainebleau.
En 2003, le mécène relie, à vélo, la métropole à Siem Reap pour inaugurer une école hôtelière. On est loin du cliché d'une sieste d'hémicycle ou du faste des grands chefs d'entreprise.
Si l'on considère l'exploit accompli à l'âge de 67 ans, voici un « Test du cocotier » admirablement réussi sur la « forme » et surtout sur le fond. Découvrez le périple dans le livre du même nom, car dans le couple, pendant qu'il pédale sous le soleil, dans l'ombre elle le raconte.
Un apprentissage de haute volée digne des standards les plus prestigieux et un accueil au delà de nos espérances puisque aimablement autorisés à stationner dans l'enceinte de l'établissement durant notre séjour.
Comble du hasard nous avions failli racheter, sans le savoir, l'un de deux véhicules accompagnateurs pour notre propre voyage.
Angkor c'est aussi un mille feuilles de vie où :
et avant tout, où l'on vient prier et faire ses offrandes.
Les bonnes choses ont une fin. Nous reprenons la route et découvrons une autre réalité, 800 ans après l'ère Angkorienne tout le chemin est à refaire.
Une vie rurale simplissime faite de maisons sur pilotis, à l'architecture séculaire, plantées sur des terres arides.
Seules évolutions notables, les voies de communication, pistes acceptables en latérite et, en corolaire, les moyens de transport :
Le fil sienne nous ramène à l'aube de ce passé. Les ruines de Sambor, capitale du royaume khmer au VII ième siècle.
Les vestiges partiellement rasés sous les bombardements américains furent quasiment anéantis par la vague de folie Khmers rouges.
Néanmoins, les quelques temples moribonds jouxtant d'énormes cratères revendiquent encore fièrement la mémoire inaliénable de la cité.
C'est ici, loin de toute pression touristique que nous vivons notre premier réel contact avec la population cambodgienne.
Une existence rude au seuil de la misère, un peuple enthousiaste et décidé à ne pas baisser les bras face à d'adversité de l'histoire.
Un peuple aimable et accueillant,
un peuple courageux, patient et entreprenant,
à qui, seuls les moyens manquent.
Survivre et reconstruire