Sukhothai, première capitale du royaume, connaît son apogée entre le 13ième et 15ième siècle.
Cette période faste affirme l'épanouissement d'une culture thaïe libérée du jouc Khmer, Birman et chinois, avec notamment l'établissement d'un alphabet propre.
L'image de bouddha se voit dès lors parer d'une flamme caractéristique au sommet du crâne symbolisant la force spirituelle, innovation aussi avec ses premières représentations en marche.
Les vestiges de la cité perpétuent à merveille l'essence de l'art siamois bien après que ce royaume n'ait abdiqué devant celui d'Ayutthaya.
Sans être aussi prestigieux, l'art de faire les crêpes aux pieds des bouddhas est loin d'égaler celui de Saint Malo aux pieds de la citadelle.
Le lendemain, à Bang Pa In, visite du palais d'été de la dynastie Chakri toujours régnante avec Rama IX. Une influence occidentale sans équivoque qui s'exprime dans un style androgène thaï-néogothique.
Souvenez-vous de Rama V, non, ça ne vous dit rien. Et si je vous dis « le roi et moi » ou « Anna et le roi ».
Jusqu'au Wat qui prend des allures de cathédrale.
L'accès par nacelle suspendue actionnée par des bonzes se relayant dans un mirador lui restitue néanmoins tout son cachet.
Puis, après une nuit dans la verte, dernière ligne droite jusqu'à l'aéroport de Bangkok où nous squattons discrètement le parking du Sofitel pour la soirée avant le départ de Marianne à 5 heures, ah la brute !
C'est donc de bonne heure et presque de bonne humeur que nous investissons la capitale par les navettes fluviales de la rivière Chao Phraya.
Entame par le wat Pho et son bouddha couché géant (45 m tout de même), position qui précède l'accès au Nirvana (deuxième bonne raison pour une grasse matinée). Un ensemble superbe hérissé d'une forêt de chedî.
Du magnifique grand palais et de son Wat Phra Kaeo, nous devrons nous contenter d'un aperçu des murs d'enceinte et des drapeaux en berne, car fermés au public pour deux semaines de deuil national suite au décès de la sœur du roi.
En compensation, nous nous régalerons du musée national une bonne partie de la journée. Mais pas vous « No Photo ».
La fin d'après midi s'écoule sur les khlongs, ces fameux canaux qui sillonnent l'autre Bangkok fait de modestes baraques sur pilotis et de végétation. Sources de sérénité mais aussi d'inquiétudes puisque la ville s'affaisse tout comme Venise.
Quant au trafic routier de la cité des anges (Krung Teth), il s'établit sur deux niveaux, si au plus proche des cieux ça peut aller, en sous-sol on frise l'enfer.
L'enfer de la vie trépidante d'une cité asiatique, fait de camelots d'exvotos, de scooters hallucinants, d'une jungle de points de restauration H24 et aussi d'intrépides coiffeurs (moi je ne l'ai même pas reconnue) !!!
Difficile dans cette effervescence urbaine de trouver un calme relatif. Le hasard nous guidera dans la ligne de mire de l'objectif de sa majesté pour un emplacement royal dans l'arrière cour du centre de tri de la poste centrale.
Direction
l'ex Indochine française