du 05 février 2007 au 21 juillet 2008
La visite de Singapour commence par une succession d'allers-retours dans les administrations et organismes pour finaliser la procédure d'embarquement.
Bonne nouvelle, au lieu de partir plein Est via le canal de Panama le transitaire nous dégote un direct de dernière heure pour Zeebrugge via le canal de Suez. Pour le même coût (4500$) le véhicule sera à destination dans trois semaines au lieu de cinq. Autre avantage, pas d'escale donc sûreté accrue.
Si les 16 000 Kms derniers sont verrouillés, les 30 premiers, soit la distance du transit sur le territoire singapourien entre la frontière et le port, posent problème.
Il semblerait que dans ce si grand état de 682 Km² les camping-cars ne peuvent circuler et doivent être remorqués bien que le pays figure sur le carnet de passage en douane.
Allons voir de quoi il en retourne à l'automobile club singapourien.
Un agent nous confirme en effet que les camping-cars réputés pour transporter des réserves de gaz sont interdits à la circulation pour des raisons de sécurité. Parfait, le nôtre est justement sans système à gaz, il n'y a donc pas de contre-indication. Pendant que l'agent s'absente pour consulter sa hiérarchie, nous découvrons dans un livre publié pour le trentième anniversaire de l'ACS que l'organisme possède lui-même un superbe camping-car, certainement le seul du pays.
L'agent revient et corrige, aucun camping-car ne peut circuler. Nous lui présentons alors la photo découverte. Il sourit sans autre explication et nous conseille en catimini de nous adresser au ministère des transports.
Direction donc le ministère des transports où nous sommes cordialement accueillis. Après une recherche, un fonctionnaire nous présente une circulaire qui stipule bien l'interdiction mais néanmoins par dérogation autorise le transit des camping-cars entre le port et la frontière malaise ou vice et versa, sous réserve de contracter une assurance.
Comment fait-on pour obtenir la dite assurance ?
C'est impossible pour les non résidents.
Peut-on obtenir une photocopie de la circulaire ?
Non.
Quelle est alors la solution ?
Le remorquage.
Or, il n'existe qu'une seule société ayant pignon sur rue pour assurer les remorquages ad-hoc. Le coût de la prestation est en conséquence (600 SG$).
Et comment ça se passe le jour J ?
Un responsable de la société de remorquage nous attend dans le no man's land. Il fixe des plaques de transit sur le véhicule s'installe en place passager et me demande de conduire.
Bien tenter pour le maximum de profit, mais là où ça se corse, c'est que le fonctionnaire du ministère des transports avait prévenu la douane et qu'un comité d'accueil nous attend.
Au final Harbour Handler sera astreint à un remorquage dans les règles.
Nous sommes bien de retour dans les pays développés, ces pays où trop de lois complexes, affublées de subtilités et
dérogations encore plus complexes, deviennent innaplicables ou grotesques et favorisent l'émergence de l'affairisme.
Une réalité malheureusement trop souvent perçue comme la réussite des plus malins.
Bref, passons à l'autre visage de cette ville état.
Personne dans les rues aseptisées. Tout le monde vit à la clim. Des appartements climatisés, aux garages privés en sous-sol, à la voiture climatisée, aux garages de desserte en sous sol, aux bureaux ou malls climatisés.
S'il y a bien quelques petits quartiers sympas, ils ne s'animent qu'à la tombée de la nuit avec l'ouverture des pubs et des gargotes. De jour, le seul indice révélant une présence humaine est le linge séchant aux fenêtres.
Mais je ne suis pas sûr qu'une loi ne l'interdise pas à court terme, ça fait quand même mauvais genre et puis ça développera la consommation, celle du sèche-linge chauffant à 40° l'air d'un appartement climatisé à 20° car dehors il fait 40°.
Allez direction l'aéroport par le métro tout aussi désert et en route pour Colombo.
Adieu l'Asie du Sud Est