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Pierrelaye - Hanoï
avec un cinéma ambulant

du 05 février 2007 au 21 juillet 2008
 

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Mercredi 12 mars 2008 3 12 /03 /2008 22:24

En route pour la visite de la capitale.

L'immanquable, le mausolée d'Ho Chi Minh. Tous les matins ouvrés depuis 1975 (date d'achèvement de l'édifice), se reforme une fille d'attente continue s'étirant sur plusieurs centaines de mètres. Les visiteurs, en grande majorité des vietnamiens, viennent se recueillir devant la dépouille d'Nguyen Tat Thanh embaumée et conservée dans un cercueil de verre.

Hommage orchestré ou spontané à l'oncle du peuple, fondateur du parti communiste indochinois et du front de l'indépendance, le Viet-minh puis du front national de libération, le Viet-cong ?

Il forme, dès 1944, avec l'appui suspicieux de Pékin et la bénédiction américaine, un gouvernement provisoire dans lequel figurent quelques nationalistes non communistes. A la reddition de l'occupant japonais et l'éviction de l'empereur Bao Dai, il proclame l'indépendance du pays, élimine la composante non communiste de son gouvernement et instaure une société politico militarisée. Il se heurte alors au retour des intérêts coloniaux français jusqu'à la victoire Vietminh de Dien Bien Phu en 1954. Chef d'état du nord Vietnam jusqu'à sa mort en 1969, il ne connaîtra jamais la réunification.

Au temple Quan Thanh, on vénère, sans se poser de question, un autre personnage, Tran Vo, le génie gardien du nord. Apolitique mais du nord tout de même !

La tour du drapeau, l'un des rares édifices militaires précoloniaux à avoir échappé à la destruction par le corps expéditionnaire français. Et pour cause, du haut de ses 33 mètres, bridé ou non, le regard guette avec la même efficacité.

La pagode Tran Quoc, (défense de la patrie) la plus ancienne de la ville date du VI, bien sûr reconstruite moult fois et même déplacée jusqu'à son emplacement actuel au bord du lac de l'ouest. Chaque étage de sa tour en briques rouge correspond une étape de la vie du Bouddha.

L'ex pont Paul Doumer qui enjambe le fleuve rouge. Un fleuve dont l'exploration révèle une importance stratégique et économique suffisante pour justifier l'annexion du Tonkin en 1875. Au même titre que l'exploration du Mékong avait engendré celle de la Cochinchine une décennie plutôt. Il ne restait plus que l'alibi du décès de l'empereur Tu Duc pour s'emparer de l'Annam en 1883. Le Vietnam fait désormais partie en totalité de l'union indochinoise française qui inclura à terme le Cambodge (1884) et le Laos (1893).

Un sauveur du peuple, un génie gardien, une tour de guet, une pagode en l'honneur de la défense de la patrie, un pont rebaptisé, ne voilà-t-il pas toute la palette des indices d'une population récemment affranchie dans le tumulte de l'histoire ?

Comment tourner la page sans pour autant perdre son identité ? Comment se relever sans se brader à des intérêts tiers ? Avec le temps, la patience et l'espoir, mais aussi avec dynamisme, volonté et intelligence.

A chacun un petit boulot, négociant en poissons rouges ou reine du beignet à la banane. Dans les ruelles de la vielle ville, chaque artère est même dédiée à une corporation. Celle des factures d'instruments de musique, celle des ateliers de confection de tout ce qui peut servir à pavoiser, celle des sculpteurs d'estampes en bois, celle des manufactures de pipes à eau en bambou... et bien d'autres encore.

Et aussi avec simplicité, à l'image d'une capitale qui quotidiennement se transforme, vers 17 heures, en un immense terrain de badminton urbain. Impossible de résister pour un vétéran de l'Herblaisienne. Et me voilà engagé dans une partie endiablée. Un seul regret, la complicité d'un double avec Erric mon partenaire attitré.

Avant le départ pour une boucle dans le Nord-Est nous en profitons pour anticiper nos visas Laotiens et chinois puis allons remercier de vive voix le consul de France. Bien que nous tentions une nouvelle fois de dissocier l'aspect touristique et douanier, il confirme que l'ambassade n'interviendra plus dans pareils cas (futurs candidats à bon entendeur...).

Après quelques petites scènes de vie sur la route de la province de Bac Nimh,

 

le temple de But Thap pointe le bout de son toit retroussé.

Une succession de trois pagodes du XVII reliées par des passerelles. La première abrite des bouddhas géants et guerriers bedonnants, la seconde, un original moulin à prières hexagonal,

Et la troisième des statuettes en bois à l'expressivité stupéfiante.

A ce jour le plus beau temple qu'il nous ait été donné de visiter.

En pleine nuit Marcelle fait un caprice. Elle exige de retourner immédiatement sur Hanoï pour s'offrir l'hôtel le plus renommé de la capitale, le HFH. Pour parvenir à ses fins, elle joue l'enfant gâté jusqu'à la limite de la convulsion. Je cède et l'emmène sur le champ. Coutumière de ce genre de lubie, la réception ouverte 24/24 se démène pour lui préparer une chambre. La qualification et la disponibilité du personnel ainsi que la qualité des équipements de l'établissement, justifient amplement le coût de la nuitée en single, 700 $ extras inclus. En revanche, à ce niveau de standing, quelques détails agacent, sortie de bain des plus banal, taille mesquine du téléviseur, portraits souvenir trop avant-gardiste et menu gastronomique vraiment chiche.

Je remercie, le directeur de l'Hôpital Français d'Hanoï pour l'autorisation de stationnement intramuros, et son équipe d'avoir su ramener Marcelle à la raison en seulement deux jours.

Moi ça fait une décennie que j'essaie

NB : en voyage ne jamais faire l'économie d'une assistance/rapatriement.

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