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Pierrelaye - Hanoï
avec un cinéma ambulant

du 05 février 2007 au 21 juillet 2008
 

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Vendredi 28 mars 2008 5 28 /03 /2008 22:57

Un petit « arrêt » carcéral, non pour expier une faute juste pour une visite. Passons par la case départ (sans percevoir les 20 000), le pénitencier de Son La fut construit en 1908 à l'attention des anticolonialistes notoires et au fil de l'histoire, hébergea des dissidents Vietminh puis des victimes des tribunaux populaires. Tel prendra qui a été pris. 

Lespooor tesdu péniii tencier... se sont rouvertes pour nous laisser filer jusqu'à Moc Chau.

Un petit bourg paisible où l'on se plaît à s'imprégner d'une ambiance rurale à la Pagnol. 

Et toujours l'omniprésence ethnique. Ici, des Muong, Dao et Thaï qui ont bien du mal à s'adapter au port obligatoire du nouveau couvre chef promulgué en 2007.

 

Difficile de conjuguer mode de vie traditionnel et implication de la modernité.

Le cyclomoteur représente le principal moyen de locomotion familial. Le vietnamien ne sait pas quoi faire de son nouvel appendice encombrant, alors, il le garde vissé sur la tête à longueur de journée dans la rue et même dans le bus. En outre, il faut avouer que de part sa piètre qualité de fabrication, la capacité de protection de la calotte reste toute symbolique, mais le parti en a décidé ainsi, alors...

 

Au delà de la tradition et des directives gouvernementales, une pratique culturelle asiatique ne craint pas les bouleversements. Les baguettes chinoises existaient bien avant que les occidentaux ne mangent avec des couverts. Si leur utilisation perdure, c'est tout simplement que couteau et fourchette sont perçus comme des armes blanches et bannis de la table. En contre partie, il faut se satisfaire d'une nourriture nécessairement émincée.

Dans cette région de bambouseraies, les fabriques poussent comme la graminée géante. Le bambou est tronçonné en morceau d'une trentaine de centimètres en prenant soin d'éliminer les nœuds. Chaque tronçon est alors fendu dans sa longueur à la machette. Un coup de baguette magique à l'emboutisseuse (attention les doigts) et le tour est joué.

Cadence : 100 pièces à la minute soit 48 000 pour une journée de huit heures, fois trois emboutisseuses on atteint 144 000 unités/jour. Soit grosso modo une production annuelle de 23 millions de paires de baguettes, c'est qu'il en faut par milliards pour tout ce petit monde.

 

Et surtout une baguette « gagne pain » de la vingtaine d'ouvriers de la manufacture.

L'utilisation du bambou voit bien plus grand, pipes, canes à pêches, clôtures, maisons, ponts, bateaux que sais-je encore...Et en cas de petite faim on peut aussi compter sur les cœurs des jeunes pouces.

 

Une soirée à Phu Xuan nous fait découvrir l'art de la salle de bain communale flottante, toujours en bambou, à laquelle on accède à tour de rôle par une passerelle. Un trou aménagé dans le plancher permet d'y prendre un bain dans la rivière à l'abri des regards.

Aujourd'hui une autre graminée, la canne à sucre. Coupée, mise en botte, la voilà transportée sur des dizaines de bicyclettes transformées pour l'occasion en quasi convoi exceptionnel.

 

Et puis, le séchage d'une fibre végétale que nous pensons être du latanier sans en avoir le cœur net faute de réussir à se faire comprendre.

 

Une dernière soirée vietnamienne à Nam Dan sous une constellation de lucioles et hantée par des hordes de moustiques avant d'atteindre la frontière de Cau Tréo. Et première facette peu flatteuse du Laos, celle d'exportateur de viande canine très prisée de ce côté-ci. Encore un os à ronger pour notre BB nationale.

 

Non d'un chien

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